Le mercredi 6 mars 2013, de 14h30 à 15h30, dans la salle de conférence du Centre Culturel, 25 avenue Victor Hugo à Rodez se tiendra un cours de paléographie : Les scieries
Suivi de 15h30 à 17h00 d’une conférence présentée par Louis Codomier sur : “Loiseleur des Longchamps, destin d’un ingénieur géographe”.
La conférence puisée dans le livre intitulé “Jacques François Loiseleur Deslongschamps (1747-1843)” retrace la vie d’un ingénieur géographe qui a participé entre 1770 et 1778 au lever de la carte de France de Cassini.
Venu de Dreux en Eure-et-Loir, le sommet de la montagne du Lagast en Rouergue fut le lieu privilégié de ses premières mesures géodésiques. Pour effectuer ses observations, la famille Boudou Antoine du Vitarel de Durenque, un hameau proche de cette montagne du Lagast, lui offrit l’hospitalité. Il la récompensa en épousant l’une de ses filles Marie-Jeanne en 1774. Il se rendit dans les Alpes et les Pyrénées pour y effectuer d’autres relevés géodésiques. Une fois ces mesures terminées, il trouva du travail comme ingénieur dans une usine de Bretagne puis il accompagna pendant 2 ans H. de Richeprey, ingénieur géographe, lorsque ce dernier parcourut la Haute Guyenne (Rouergue et Quercy) afin de vérifier les cadastres des communautés rurales.
Il abandonna par la suite son travail d’ingénieur pour avoir son épouse à ses côtés.
Survint la révolution de 1789, il fut régulièrement élu à des postes de responsabilité au district et surtout au directoire du département. Il fut un serviteur zélé de la révolution et de la république de 1789 à 1799. En 1792, il hébergea à la ferme du Vitarel le célèbre astronome Méchain qui mesura avec Delambre l’arc méridien compris entre Dunkerque et Barcelone dont un des plus beaux résultats fut d’établir la base du système métrique.
Après le coup d’état de Bonaparte en 1799, Deslongschamps traverse une partie de la période napoléonienne en tant que fonctionnaire des contributions directes. En 1808 il se retire dans son domaine de vigne à Puech Cani de Brousse-le-Château. Il ne se présentera plus à aucune élection. Mais il continuera à faire de la politique pour dénoncer les abus de la Convention du Directoire et de l’Empire et préconiser le retour à la monarchie légitimiste mise à mal en 1830.
Sa pratique religieuse mise en sommeil pendant la révolution se ravivera fortement tout au long des dernières années de sa vie. A 90 ans il invente un baromètre portatif type Torricelli que Grimal Alexis de Mazies de Broquies, son habile domestique et parent ira confectionner à Paris et le présentera en compagnie de l’abbé Ravailhe du petit séminaire de Belmont à François Arago directeur de l’Académie des Sciences.
Il meurt à Puech Cani en 1843 à l’âge de 96 ans peu de temps avant le décès de son épouse. Au cimetière de Saint-Cirice tout près de Brousse où ils ont été inhumés, une stèle a été érigée en son honneur et en l’honneur de son épouse.
Louis Codomier est un aveyronnais de Durenque. Docteur d’état de l’Université de Paris en 1972, il a ensuite gravi tous les échelons de la carrière universitaire jusqu’au poste de professeur titulaire de l’Université de Perpignan.
Louis a dirigé un laboratoire recherche en biologie et a publié 71 articles dans des revues scientifiques internationales dont certaines étaient de haut niveau.
Il a pris sa retraite à Durenque où son fils est vétérinaire, mais sa fibre de chercheur est toujours aussi tenace. Ainsi il continue ses recherches dans des domaines très différents dont l’histoire de son village le passionne énormément.
Comme toujours, ce cours et cette conférence est en accès libre et gratuit