La naissance de la commune et son histoire
Au moyen-âge en ségala rouergat, en deux ou trois siècles s’installent des systèmes nouveaux d’occupation et d’administration du territoire : ce sont le temps des castelnaus, des salvetats, des bastides, … De là naissent alors 3 pouvoirs : celui du seigneur, celui de l’Eglise et celui du roi qui installent chacun un découpage du territoire à leur usage.
Au fils des siècles à compter du Moyen Age, le pouvoir royal va prendre le pas avec des monarques tels qu’Henri IV, Louis XIII et Louis XIV.
Afin de fortifier le royaume, le roi paraît avoir eu comme premier souci de lever sur le pays les moyens financiers nécessaires à sa politique. Il lève alors son impôt principal, la taille, par communautés d’hommes ayant des possessions dans un certain secteur. Il va mander à chaque communauté la somme que celle-ci doit lui fournir. Un mandement (ou taillable) est donc (au moins en Ségala rouergat) le territoire d’une communauté.
Ce découpage fiscal va donner naissance aux communes, l’addition des taillables de Camboulazet, du Puech de Nouguiès et de la Fabrie, tels qu’ils étaient au temps des rois, va former la commune, ou municipalité de Camboulazet, telle qu’elle est à présent.
Bien que lancés en 1790 par les autorités révolutionnaires, découpages et statuts des communes ne se stabilisent vraiment qu’une quarantaine d’années plus tard. De là naissent les mairies qui gèrent plusieurs municipalités au départ (Camboulazet était gérée par Manhac). Il faudra attendre 1830 pour que Camboulazet soit une commune à part entière, ses frontières assez surprenantes ayant été dessinées par le découpage fiscal pour les besoins du roi d’une part et par la suite de ses mandements d’autre part.
Qu’en est-il de l’ascendant qu’eu l’Eglise sur les hommes et plus particulièrement dans notre province ?
A Camboulazet, on remarque d’abord que paroisse et commune ne sont en rien confondues : le découpage du territoire pour la religion est distinct des découpages laïcs, autrement dit des seigneuries et mandements. Les habitants de La Fabrie allaient naguère aux offices à Salan, ainsi que ceux de Sabin et Enoc (qui seront rattachés tous deux par la suite à Frons au XIX° siècle), alors que ceux des Tavernes, des Crouzets, des Jonquières par exemple venaient aux offices de Camboulazet comme ils y viennent encore aujourd’hui.
Anciennement la paroisse de Camboulazet fut liée à Sermur, Sermur étant un site religieux particulier car l’abbaye de Moissac avait là une petite filiale : un prieuré. C’est en 1282, suite à une transaction avec l’évêque de Rodez, que Moissac reçoit le bénéfice de la paroisse de Camboulazet. Celle-ci est alors unie à Sermur, en devient l’annexe et le demeure jusqu’à la fin du XVIII ° siècle, et ceci bien que l’abbaye de Moissac ait abandonné le parrainage du prieuré autour de 1626. En conséquence jusqu’à la Révolution, le prieur de Sermur eut puissance de lever sur la paroisse de Sermur, mais aussi sur celle de Camboulazet, ces impôts pour Dieu qui avaient la vertu, en ce temps là, de donner son autonomie financière à l’Eglise. Il s’agissait principalement de la dîme.
Si le prieur voyait la vie paroissiale de loin, il lui appartenait de nommer à la tête de la paroisse un prêtre qui portait le titre de vicaire perpétuel ou de recteur, mais plus communément de curé. Au hasard des archives on relève le nom d’anciens curés tels que Pierre de Recoules en 1463, Guilhaume de Recoules en 1495, Jean Routavolp en 1588, Jean Martin autour de 1640, Antoine Fabre vers 1670-1700, … Après le concordat de 1801, le premier curé cité à Camboulazet fut François Briane, originaire de Quins.
De 1900 à nos jours
Nous allons faire ici un tour d’horizon rapide de l’évolution matérielle ou démographique de la commune en un siècle.
Parlons tout d’abord des travaux successifs de rénovation de l’église puisque des opérations ont eu lieu en 1930, en 1956 et en 1988. Un nouveau cimetière fut crée en 1928, après accord du Conseil Municipal, à La lande, ce qui offrit un changement de visage majeur pour la commune.
L’irruption de la modernité est marquée en 1927 avec l’adhésion de la commune au syndicat intercommunal d’électrification. Camboulazet et Pruns furent les 2 premiers villages desservis, Le Pouget, La Fabrie, Sabin, Noyès, La Gardie et La Combe furent desservis dans un second temps.
C’est au tour du téléphone de faire son apparition en 1931 avec la mise en place d’une cabine publique à Camboulazet.
Au niveau de l’assainissement a eu lieu la création d’un premier réseau sommaire dans plusieurs villages de la commune notamment Camboulazet, Noyès, Pruns et le Pouget en partie. Progressivement l’alimentation en eau potable fait son apparition à Noyès, La Combe, La Gardie puis Camboulazet, La Fabrie et Sabin. En 1961 Pruns et le Pouget se dote d’un système d’alimentation en eau potable qui leur est propre.
En 1962 fut crée la route entre l’ancien mandement de Puech de Nouguiès et le bourg de Camboulazet sous l’égide de Raymond LACOMBE. La liaison vers le Sud du Viaur a fait partie elle aussi des préoccupations communales les plus répétées au cours de ces 100 dernières années. Il faudra attendra 1974, 8 années après la création du Groupement Forestier de Camboulazet pour qu’une route et un pont sur le Viaur soit réalisés à Versailles, ce qui a permis de créer un tracé automobile reliant Camboulazet au village de Tayac et aux communes de Centres et Cassagnes-Bégonhès en amont du Viaur (versant opposé). Cette route créant de nouveaux liens entre le canton de Baraqueville et celui de Cassagnes-Bégonhès.
Face à une réelle nécessité de réhabilitation et dans le cadre de l’aménagement de cœur de village, les travaux de construction d’une nouvelle salle des fêtes dans le bourg de Camboulazet sont entrepris au cours de l’année 1993. 12 années plus tard le village de Noyès, fort d’une réelle demande lui aussi, accueille à son tour une nouvelle salle inaugurée en septembre 2007.Cette réalisation a pu se concrétiser grâce à la vente de l’ancienne école de Noyès.
Les années 1990 sont aussi marquées dans la commune par la réhabilitation de l’ancien presbytère (suite au départ du dernier prêtre de la paroisse) qui accueillera au rez de chaussé la mairie et 2 logements communaux de type T3 au 1er étage et aux combles du bâtiment ainsi que par la création de son premier lotissement à La Lande (en 1991-1992) et ensuite à Bounafouzen (en 1995). Afin de faire face à une demande de plus en plus croissante de logements l’ancienne école du village est réhabilitée en logements sociaux et le lotissement existant à Bounafouzen s’accroit considérablement en créant 8 lots supplémentaires.
Soucieuse de l’accueil de ses nouveaux arrivants et de la gestion de ses administrés au niveau de l’assainissement, la commune lance au début des années 2000 une réflexion par le biais d’une enquête sur le zonage d’assainissement au niveau de la commune et crée alors une station d’épuration en 2004 afin de réaliser l’assainissement collectif du village de Camboulazet qui s’opèrera en trois tranches successives de travaux (la dernière ayant été achevée au printemps 2008). Dernière opération en cours: l’éclairage public au lotissement Bounafouzen.
Source : Site officiel de Camboulazet
Marc Cadilhac, toujours aussi infatigable poursuit ses relevés sur les différentes paroisses aveyronnaises, et c’est celle de Camboulazet qu’il nous offre aujourd’hui avec les naissances (1737-1804), les mariages (1738-1803) et les décès (1738-1803). Nous le remercions chaleureusement.