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Relevé des Mariages d’aveyronnais à Paris

Publié par Le C.G.R. Le 10 juillet 2010

Magasin SINEGRE Paris 20ème arrondissement Marchands de Vins et Charbonnier Photo mise à disposition par Perrine Sinegre

Combien sont-ils dans la capitale, ces femmes et ces hommes à l’accent aveyronnais ? Des milliers.

Le chiffre le plus souvent donné est de 320 000. Près de 6 000 cafés, hôtels et restaurants sur Paris et en Ile-de-France seraient entre leurs mains. Une chose est sûre : les Aveyronnais de Paris sont plus nombreux que leurs compatriotes résidant encore dans ce département qui ne compte plus que 270 000 âmes.

Plus Parigots que les Parigots

Mais il y a un autre paradoxe : étant parfois installés dans la capitale depuis au moins trois, voire quatre générations, nombre d’Aveyronnais de Paris, sont en fait plus « Parigots » que beaucoup de Parisiens montés récemment à la Capitale.

Comment se fait-il alors que cette revendication de l’identité aveyronnaise ne se soit pas dissoute au contact de la ville lumière ?

Même si la comparaison est un peu osée, on peut dire que ce viscéral attachement au pays des ancêtres n’est pas loin de rappeler celui des Tribus d’Israël pour le pays de Canaan ! Ce rappel des racines et cette organisation structurante de la communauté distingue bien les Aveyronnais d’autres originaires de provinces françaises qui n’entretiennent plus qu’une légère nostalgie de leur terre d’origine.

Le pays dans la peau

Plus stupéfiant, nombre de Rouergats regrettent d’être nés à Paris. « Enfant, j’ai gratté ma Carte d’identité pour faire disparaître Paris comme lieu de naissance et inscrire à la place Bozouls au stylo-plume mais ça avait fait un gros pâté », raconte par exemple Jacques Mélac, fondateur d’un des plus célèbres bistrots à vin.

La destinée de la plupart de ces familles aveyronnaises, installées dans la capitale, est très souvent riche en rebondissements et en ruptures de tout ordre. Ces sagas se développent sur plusieurs générations, du premier porteur d’eau monté à la capitale, voilà plus de 150 ans, en passant par les bougnats, vendeurs de charbon et de vin, dont les enfants ou les petits enfants sont aujourd’hui à la tête de grandes brasseries.Bref, la place occupée par les Rouergats dans les métiers de la limonade n’est pas due au hasard, mais bien à un acharnement et à une solidarité de toute la communauté durant des dizaines d’années sur cette terre d’émigration qu’est devenue Paris.

Fidèles plus que d’autres au dicton « Aide-toi, le ciel t’aidera », nombre d’entre eux ont suivi un parcours classique dicté d’abord par des considérations démographiques. Quand il y avait trois frères à la ferme, l’un la gardait et les deux autres montaient à Paris. Le phénomène a perduré jusqu’aux années soixante.

Témoignages :
« Avec six copains, on est monté à la capitale à la fin de la guerre d’Algérie en 1962. J’ai été hébergé chez une tante, d’autres chez des parents. »
« De toute manière, nous savions que nous pouvions compter sur des points de chute ».

Il y avait aussi les « Parisiens » – ceux qui avaient déjà leur bistrot à Paris –, qui descendaient au pays l’été et remontaient avec un jeune du village.
« Aujourd’hui, vous pouvez vous accrocher, explique un patron, pour faire remonter des jeunes du pays. »

Les temps changent.

Source : http://www.aveyron.com

Annie Auréjac a entrepris de relever au gré de ses recherches aux archives de Paris les mariages des aveyronnais dans la capitale. Elle nous livre un premier lot de près de 200 mariages. Nous la remercions de cette initiative.

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