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Les noms de lieux en France

Publié par Le C.G.R. Le 23 janvier 2012

Les noms de lieux en France, Glossaire des termes dialectaux (à télécharger ici)
André PEGORIER (Ingénieur en chef géographe).
3ème édition revue et complétée par Sylvie LEJEUNE et Elisabeth CALVARIN
Commission de Toponymie 2006 de l’Institut Géographique National

Si la France ne possède qu’une langue officielle, le français, parlé et enseigné sur tout le territoire, sa toponymie est le reflet d’une histoire riche en apports successifs qui ont chacun contribué à lui donner un aspect très varié suivant la région considérée.

La consultation d’un cadastre, d’une carte, d’un guide touristique ou plus simplement d’un panneau indicateur place l’utilisateur en présence de nombreux noms de lieux dont la signification lui échappe, et dont peut-être même ne soupçonne-t-il pas qu’ils puissent en avoir une.

Or si un toponyme doit permettre d’identifier très précisément un détail géographique localisé, il n’est pas attribué par l’homme de façon arbitraire, mais dans un souci de description du paysage et d’évocation des activités que les habitants y exercaient.

La connaissances des langues régionales est bien la clé de la compréhension des toponymes, qu’ils se présentent sous la forme  d’un terme unique, comme le Sahuc (sureau, Gascogne), le Cayre (rocher, Provence), ou composés de plusieurs mots, comme Cap du Bosc (bout du bois, Gascogne), Riou Bourdous (ruisseau boueux, Provence), Pra des Mians (pré mitoyen, Hautes-Alpes).

Comment en effet comprendre Font Vieille, Pech Redon, Pointe du Raz, si l’on ignore que « font » et « pech » désignent respectivement une source et un sommet, ici « arrondi », en occitan, et que « raz » désigne dans le Finistère un détroit avec un rapide courant ? Et l’on pourrait encore citer des toponymes aussi différents que  Casa Mozza (maison démolie, Corse), Etchegaray (Maison haute, Pays Basque), Frohnhof (ferme du seigneur, Alsace), Steenbecque (ruisseau de la pierre, Flandre), Feixa Llarga (grande terrasse, Pays Catalan).

Cette double fonction du toponyme -désigner un lieu et décrire la nature – n’est qu’imparfaitement accomplie lorsque ce toponyme n’est plus ressenti que comme un nom propre, c’est-à-dire sans signification particulière.

Intervient alors le risque d’altération du toponyme, déformé par une transcription erronée, une adaptation phonétique, voire une francisation abusive. De nombreux exemples des ces transformations regrettables figurent malheureusement sur des documents cartographiques anciens, et ils n’ont pas manqué d’attirer l’attention aussi bien des spécialistes que des usagers locaux.

L’IGN a estimé qu’il y avait donc un très grand intérêt à établir un fichier des termes dialectaux attestés en toponymie ou susceptibles d’y être rencontrés ; cet ouvrage devrait constituer l’outil indispensable des topographes opérant sur le terrain, en leur permettant de mieux comprendre  le sens oublié de toponymes pourtant demeurés dans l’usage.

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